Juillet052026

Résultat

Résultat 

J’ai rendez-vous tout à l’heure. J’ai réussi à esquiver les pensées jusqu’à maintenant. Mais c’est dans quelques heures. Mon esprit flambe. Mes larmes guettent… 
Depuis que je sais que les papillons sont là, j’ai réalisé à quel point c’était commun. À quel point mes homologues féminines étaient dans le même bateau que moi. 80%. Sur l’île aux papillons. Et personne n’en parle. 
Ça circule chez nos partenaires masculins. 80%. Tout pareil. Sauf que là, ils y sont Incognito. Invisible. En silence. 
Pour nous, ça s’accroche à nos utérus. Plus ou moins profondément. Plus ou moins longtemps. Et parfois ça invite des petits camarades à pinces.

N’y pensez pas.
Oubliez ça !
M’a dit la doctoresse à la dernière visite.

Mais ça change tout.

Maintenant je sais. 
Je vis sur l’île aux papillons. 
Je suis susceptible d’en transmettre un ou deux. 
Ce n’est pas toujours si joli un papillon. 
Je n’ai pas peur d’en partager avec quelqu’un. J’ai peur que ce quelqu’un le relaie à quelqu’une. 
Je ne veux pas vivre avec la responsabilité de cette invasion. 
Puisque je vois que ces messieurs, non concernés par la métamorphose du papillon en crabe, n’en ont guère conscience et n’en ont cure.

C’est l’heure de savoir.
Où en sont les papillons ?

Les papillons sont toujours là mais pas les crabes qui les suivent.
Pas l’ombre d’une carapace à l’horizon.
Entre soulagement et lassitude d’avoir encore à scruter la plage jusqu’à ce qu’ils pointent le bout de leur nez ou de découvrir que les papillons s’en sont allés.