Mai102026

CROIRE ENCORE ?

Croire encore ?

J’y ai cru… j’y ai tellement cru…
Alors que je n’étais pas vraiment convaincue. 
Tu étais si loin. Et c’était dans si longtemps. 
Et je ne suis pas de celles qui font confiance au temps.

Mais pourtant j’ai fini par y croire. 
Et même que j’ai aimé ça. 
Y croire.
Je me suis laissée glisser dans ce piège tout chaud.
Croire à nouveau. 
Alors je t’ai dit « on verra ».

Je t’avais dit que ça me semblait fastidieux. 
Mais tu avais l’air d’y croire pour deux. 
Je t’avais prévenu que le chat échaudé craint l’eau froide. 
Mais tu as balayé ça d’habiles ruades. 
J’y ai cru.
Sans impressions de déjà-vu.
Et moi non plus, je n’avais même pas peur. 
Pas d’angoisses à l’horizon.
Tu n’étais pas inquiet. 
En tout cas, pas à mon sujet. 
Adieu insomnies, doutes et palpitations.
J’y croyais.
Et je n’avais même plus peur.
C’était une sensation étrangère. 
Loin de m’être familière.

J’y ai cru.
Je me suis tellement trompée. 
Je n’aurais pas dû.
J’aurais dû :
rester sur mes gardes, 
ne pas lâcher les armes. 
J’aurais dû persévérer dans la méfiance, 
ne pas te donner si tôt ma confiance.

Mais… j’étais prête moi. 
À revivre une histoire. Une vraie. 
Sans date de péremption. Sans durée déterminée. 
J’étais prête moi.
A retraverser. 
À construire un espace commun. 
A croire à deux plutôt qu’à un.
J’étais prête au renouveau.
J’étais prête au beau.
J’étais prête aux idéaux.
J’étais prête à t’accepter.
Même différent de ce que je pensais. 
J’étais prête à l’imperfection. 
J’étais prête à la déception. 
À l’incompréhension et aux divergences d’opinion.

J’ai mis des années à en arriver là. 
J’étais prête moi.
Mais pas toi. 
…En tout cas pas pour moi….

La chute est brutale. 
Le choc, frontal.
L’incompréhension, les divergences d’opinion, la déception ont bien été au rendez-vous. 
Mais pas toi. 
Toi, tu n’y étais pas.
Et je ne l’ai pas vue, cette incompatibilité du nous.

Et je ne comprends pas. 
Je ne comprends pas ce doute que tu m’as caché. 
Je ne comprends pas cette implication que tu as feintée. 
Je ne comprends pas cet intérêt qui s’est envolé.
Je ne fonctionne pas comme ça.

J’ai cru que tu étais différent
De mes précédents amants.
J’ai cru t’avoir plu.
J’ai cru avoir été entendue
Lorsque j’ai abordé 
Mon besoin d’être aimée 
Avant que d’être désirée.
J’ai cru que tu étais différent.
Pas même un tant soit peu ambivalent.
J’ai cru que tu avais compris
Que partager mon corps n’était pas une lubie.
Je ne comprends pas ton envie 
malgré le malaise que tu as ressenti. 
Inconcevable selon moi
Et exprimé maintes fois.

Je t’ai écrit. 
À défaut de me sentir admise,
J’attendais la réponse que tu m’avais promise. 
Je ne savais pas ce que j’attendais à ce moment précis. 
Maintenant je sais. 
J’attendais une confirmation de mes conclusions.
C’est ce qui est arrivé.
Belle désillusion :
Un caillou sur ta route et tu rebrousses chemin. 
Tu attendais de rencontrer l’amour et tu as juste croisé quelqu’un.
Quelle blessure de ne faire naître qu’une déception.
Quelle injustice ce désintérêt face à un papillon.

Alors j’ai compris.
Tu y as cru toi aussi
L’espace d’une bulle, d’un instant.
Éphémère, faite de savon.
Nous sommes si différents finalement.
N’est-ce pas ce que tous deux nous savons ?

J’ai fait le choix il y a longtemps 
De ne plus jamais choisir qui ment.
Ni les autres, ni moi-même.
D’être alignée contre marées et vents 
Cœur, corps et serment.
C’est ainsi que je m’aime.
Sentiment patiemment gagné.
Il me reste ma désillusion, mon ire et mon authenticité.
À toi, la tristesse, la honte et la culpabilité.
Après tout, tu les as bien cherchées.

Je t’ai écrit. 
À défaut de me sentir admise,
J’attendais la réponse que tu m’avais promise. 
Je ne savais pas que j’espérais à ce moment précis.
Maintenant je sais. 
J’espérais autre chose qu’un rejet complet. 
Un refus d’une relation amoureuse entre nous me suffisait.
J’espérais qu’il ne pouvait pas exister une telle maldonne.
Que je ne pouvais pas m’être trompée sur toute la donne.
Naïvement je me disais n’avoir pas rêvé
ces valeurs partagées si souvent évoquées.

J’avais belle et bien perdu tout intérêt à tes yeux.
Suivre mon instinct et ma raison j’aurais dû.
De ce lien tu attendais mieux.
Mais tu ne l’as pas laissé naître et encore moins mourir vieux.
Quand bien même tu y as cru,
Tu aurais dû assumer plus tôt ce désaveu.

De tout cela que restera-t-il ?
Quel sentiment, quel souvenir, quelle leçon ?
Certainement pas ce début d’idylle
Gâté par cette fin de rien.
Certainement pas quelque chose de bien.
Seulement méfiance accrue de ces hameçons.

Je me suis trompée. 
Ni de toi dans mon lit
Ni de moi dans ta vie.
Ni de corps, ni de cœur, ni d’esprit.

J’y ai cru.
Ça n’arrivera plus.