Mai312026
C'est quoi ton blase ?
« T’as pas une tête à t’appeler Bénédicte ! »
Sans déc’…
C’est parce que je m’appelle pas Bénédicte.
Enfin pas vraiment.
Ou plutôt pas pour tout le monde.
Enfin plus maintenant.
D’où vient ce prénom ?
Cette histoire prend racine derrière un comptoir, avec un teeshirt à paillettes, un prénom qui sort de l’ordinaire et un copain barman.
J’ai un prénom pas très courant. Alors il a toujours été écorché. De un peu à beaucoup, voire très loin de la cible. A l’époque où je traînais beaucoup derrière un certain comptoir, je rigolais souvent des clients qui m’apostrophaient ou souhaitaient le faire à l’aide de patronymes plus ou moins éloignés du mien avec le barman, qui lui, connaissait très bien mon prénom et plus si affinité. Je finissais parfois par acquiescer par flemme de corriger une nouvelle fois mon blase.
Et puis un jour j’ai passé une commande à une nana pour un magnifique teeshirt à paillettes portant ma bannière favorite : « danse, ris, aime ». Il s’avère que cette nana était une grande amie de ce barman. C’est donc lui qui fut chargé de la livraison du colis, comme il le faisait souvent. Et pour savoir à qui il devrait délivrer le précieux paquet, son amie lui a rappelé : « Mais si ! tu sais, cette nana avec qui tu traînes dernièrement… » ce qui pouvait correspondre à nombre de mes camarades féminines… Alors elle a rajouté : « Mais si ! Bérangère… ou Béatrice… Bénédicte » ? Il m'a tout de suite reconnue…
Il m’a livré mon merveilleux teeshirt à paillettes en me racontant l’anecdote avec son rire de baleine. Et à partir de ce moment, je suis devenue Bénédicte. Pour lui. Un nouveau petit sobriquet pour moi. Y avait que lui qui m’interpelait comme ça. C’était de bonne guerre, je l’apostrophais du prénom de sa grand-mère…
Un peu de temps a passé… Et puis j’ai voulu publier. Je me cherchais un pseudo. Je voulais pas mélanger ma prose à ma vie pro. Mes écrits jusqu’ici publiés sous mon nom, avaient plutôt été édités dans des revues scientifiques… pas le même genre de littérature…
Alors je cherchais… Comment je pourrais bien me dénommer ? Qu’est-ce que je pourrais bien me trouver comme nom d’autrice ? Un nom qui sonne. Un nom qui ait du sens. Un nom qui me ressemble.
C’était évident.
Je serais Bénédicte.
Bénédicte.
Oui c’est déjà moi.
Béné Dicte… Ben Édicte…
C’est celle que je suis devenue pendant cette période. Derrière le comptoir.
C’est celle que je suis devenue. Avec ma plume.
Alors oui. Aujourd’hui je m’appelle aussi Bénédicte. Et ce prénom-ci n’est plus écorché. À défaut de sa porteuse, parfois, et de ses textes, souvent.